Officiellement,
le dossier Warner Bros Discovery est en passe de basculer dans l’escarcelle de Netflix. Officieusement,
Paramount Skydance n’a visiblement pas encore accepté le refus et tente une dernière stratégie d’usure, sobrement baptisée
Plan D par des sources proches du dossier.
Après avoir échoué à convaincre le board de Warner Bros Discovery avec une offre intégralement en cash (Plan A), puis envisagé une OPA hostile (Plan B) et même des recours juridiques (Plan C), le duo mené par
David Ellison change de tempo. Désormais, l’idée est simple :
se mettre en retrait et laisser le deal Netflix s’user tout seul.
Le cœur de l’argumentaire est réglementaire. La fusion entre Netflix et certaines activités clés de Warner reviendrait à rapprocher le numéro 1 et le numéro 3 du streaming mondial... Un scénario qui attire mécaniquement l’attention des autorités antitrust américaines. Avec, en toile de fond,
une administration Trump réputée peu conciliante sur ce type de concentration, l’opération pourrait s’enliser, voire être remise en question.
A cela s’ajoute un montage financier jugé fragile :
une part significative en actions Netflix, dont la valorisation a déjà reculé, et un futur spin-off câble (CNN, TNT, Discovery) fortement endetté, dont la valeur réelle interroge de plus en plus d’investisseurs.
Côté Paramount Skydance, le pari est donc d’attendre que la réalité réglementaire et financière rattrape l’optimisme affiché autour du deal.
L’objectif n’est plus forcément de surenchérir immédiatement, mais de laisser le temps faire son œuvre et éventuellement forcer un retour à la table des négociations si le dossier Netflix venait à se compliquer.
En creux,
un Plan E reste possible :
une offre revue à la hausse. Mais le simple fait d’en être réduit à cette posture attentiste traduit surtout une perte d’initiative.
Disons que Paramount Skydance n’essaie plus de reconquérir frontalement… mais espère encore que la relation actuelle se terminera mal.
Professionnellement, la stratégie reste défendable mais psychologiquement, on s’éloigne toutefois de la simple persévérance pour se rapprocher du registre du forceur poli, celui qui n’a pas vraiment accepté le refus et s’emploie désormais à souligner avec beaucoup d’insistance pourquoi la relation suivante pourrait mal tourner.