Cela fait bien quelques années que les jeux de plates-formes sont passés au second plan, laissant avant tout les FPS prendre d'assaut le marché pour le bonheur des uns et le malheur des autres. Quelques irréductibles profitent d'un secteur devenu relativement vide, et en attendant
Rayman Origins et le prochain
Kirby , on accueille donc
Super Mario 3D Land sur 3DS, le premier titre majeur de la console en cette fin d'année qui a bien l'intention de propulser cette dernière au sommet des charts.
Un nouveau Mario, c'est toujours un petit événement dans le monde vidéoludique, quel que soit le support. Ce nouvel opus nous a fait languir depuis de nombreux mois et une fois en main, il suffit de quelques minutes pour que la magie opère de nouveau, et ce grâce à un gameplay aux petits oignons, véritable marque de fabrique chez
Nintendo . La jouabilité est d'une simplicité étonnante (seulement trois boutons sont utilisés), et si les principaux items sont évidemment de retour comme l'étoile et la fleur de feu, on assiste à un hommage Ã
Super Mario Bros. 3 avec la queue de Tanuki pour planer un peu et balancer quelques coups de queues, mais également le costume permettant de lancer des boomerangs. L'originalité n'y est pas vraiment donc, mais on est clairement satisfait, le jeu se voulant être une expérience de plate-forme pure avec son lot de pièges infernales tous les deux pas. Un premier mauvais point se présente alors rapidement à nous, et ce sera loin d'être le dernier : ceux qui ont retourné les deux
Super Mario Galaxy dans tous les sens ne trouveront que trop peu d'éléments inédits dans la progression, laissant un sentiment de best-of relativement savoureux mais sans étincelle.
Même si vous faîtes partis des courageux qui aiment bien lire le texte plutôt que de se contenter de la conclusion, la note de 7 ne vous aura probablement pas échappé. On ne souhaite pas taper inutilement sur un titre attendu pour jouer la carte du hype et n'ayons donc pas peur des mots :
Super Mario 3D Land sait se montrer clairement décevant à plus d'un moment. Comme dit plus haut, le gameplay fait dans le sans-faute et on pourrait même rajouter que la partie technique est tout aussi satisfaisante, avec des graphismes chatoyants, toujours aussi variés (mais là encore sans surprise dans les thèmes) et on notera avec plaisir que le titre est le premier à exploiter aussi bien la 3D, elle rend même la jouabilité encore meilleure dans la façon d'apprécier les distances et les développeurs l'ont utilisé dans certains (trop) rares cas pour jouer sur l'illusion d'optique. Le vrai problème, c'est le contenu.
Tout semblait pourtant bien parti avec ce nouvel opus. L'idée de mixer le gameplay des épisodes 3D et la progression des épisodes 2D est clairement intéressant, offrant alors des stages courts et sans temps morts. C'est finalement la durée de vie qui en fera hurler plus d'un, surtout les habitués. Il m'a personnellement fallu 2h30 pour terminer les huit chapitres servant à sauver la princesse, en ramassant au passage l'intégralité des pièces d'or (trois par niveau). Outch. Alors certes, la replay-value est au rendez-vous, finir le jeu offrant huit autres chapitres plus difficiles sans que ce soit clairement insurmontable, excepté dans deux ou trois cas. L'ennui, c'est que cette « second partie » donne l'impression que
Nintendo a bâclé le développement pour sortir le bébé dans les temps. Les nouveaux stages issus des huit chapitres supplémentaires seront en effet pour la plupart de simples remixes des précédents, avec de nouveaux pièges et l'arrivée d'objectifs supplémentaires façon comètes des Galaxy, à savoir un timer plus serré ou l'apparition du Mario démoniaque, voir les deux en même temps.
L'impression d'un développement bâclé perdure devant certaines aberrations, inconcevables habituellement avec une production
Nintendo . Notez bien : à chaque fin de chapitre, on a droit à l'habituel donjon de Bowser (ou bateau volant) où nous attend un boss. Si Bowser est évidemment présent à plus d'une reprise, on fait parfois face à un de ses lieutenants, et c'est de nouveau là que vient la déception : seulement deux lieutenants sont au programme, pas un de plus. La chose est déjà choquante dans le premier rush, elle l'est encore plus avec les chapitres bonus où on a soit du recyclage (affronter les deux boss, mais d'un seul coup) ou carrément... rien. Oui rien, on fait le stage du bateau volant et on atteint directement le drapeau de fin en se disant qu'il manque quelque chose. C'est vraiment dommage car
Nintendo est habituellement chargé en idée, et le combat final contre Bowser est assez marquant. Enfin, toujours dans le domaine du remplissage facile, on a bien droit à un niveau final, aussi dur que bien construit, mais les développeurs se sont chargés de booster artificiellement la durée de vie pour le débloquer : avoir toutes les pièces d'or est une évidence, mais demander en plus de récolter en plus l'ensemble des drapeaux d'or (finir le niveau en sautant au sommet du drapeau) et terminer l'intégralité des niveaux avec Mario ET Luigi, c'est une belle preuve qu'on a tout fait pour essayer de gratter quelques heures supplémentaires pour cacher la misère. Et même avec ça, pour peu que vous soyez un gros habitué de la série, il vous faudra moins d'une quinzaine d'heures pour torcher le jeu à 100%.
Conclusion : Nintendo avait tout pour nous offrir un nouvel épisode en béton, sauf du temps. En ressort un jeu aussi joli qu'agréable à prendre en main, avec un contenu déjà court mais pourtant fait en partie de recyclage abusé. Un bon Mario en somme, mais qui fait davantage office d'en-cas en attendant une suite beaucoup plus travaillée, sur 3DS ou Wii U.
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