Quasiment disparu de l'actualité lors de la précédente génération (particulièrement en occident), les shoot'em up dont de retour en grande forme depuis quelques années, et ce grâce à certains éditeurs qui tendent à livrer les bébés de
Cave chez nous, sans parler bien évidemment du secteur dématérialisé, ce dernier permettant aux développeurs de prendre des risques sans passer par la case boîte, bien plus casse-gueule. Dans le lot de bijou, on retrouve donc
Sine Mora , nouveau produit des hongrois de
Digital Reality , pour le compte de
Grasshopper qui a besoin de se refaire une santé après l'échec commercial de
Shadows of the Damned .
En parlant de
Cave , n'espérez pas avoir affaire à un shmups, genre qui vous confronte à finalement assez peu d'ennemis mais des milliers de tirs à la seconde, où votre capacité à esquiver devient votre principal atout. Bien sûr, les boss de
Sine Mora n'économiseront pas leurs munitions mais les stages restent un peu plus posés, proches d'un
Gradius ou d'un
R-Type avec une évolution à l'horizontale et une montée de votre puissance de tir au fur et à mesure que vous ramassiez les boulettes adéquates. On en trouve également pour augmenter votre réserve d'attaques spéciales, mais également d'autres offrant un petit bouclier ou une remontée de votre jauge permettant de ralentir le temps pendant quelques secondes. A économiser impérativement tant les situations tendues sont monnaie courante.
Gros changement par rapport à la concurrence : il n'y a pas de jauge de vie (ce qui était déjà rare en passant), et on ne meurt pas en un coup (ce qui était déjà plus habituel). En fait, tout joue sur le temps, avec un compteur en haut de l'écran qui, s'il arrive à zéro, vous mène directement à la mort. Si vous tuez des ennemis, le compteur remonte. Si vous vous faîtes toucher, il diminue encore plus rapidement. Simple à comprendre, mais souvent frustrant quand on meurt à la toute fin d'un boss non parce qu'on s'est fait touché mais parce qu'on a mis trop de temps à le tuer. Il faudra égalemen faire attention au décors car, contrairement aux shmups qui utilisent généralement une toile de fond qu'on ne regarde même pas, il arrivera au cours de l'aventure qu'on explore des tunnels ou autres, et chaque choc éliminera là encore de précieuses secondes au compteur.
Un shoot n'en serait pas un sans sa difficulté. Et de ce coté,
Sine Mora se montre clairement à la hauteur, et ne se destine qu'aux purs fans du genre qui n'ont pas peur de recommencer plusieurs fois avant d'en venir à bout, ce qui en ligne droite ne prend pas beaucoup de temps (une petite heure tout au plus). En premier lieu, il faut savoir que les vies ne sont pas illimités même si vous pourrez, après Game Over, recommencer au dernier niveau traversé. Une aubaine à première vue mais qui ne sert à rien puisque le jeu repose sur le même principe qu'un
R-Type pour ne citer que lui. Comme dit plus haut, on peut augmenter sa puissance de tirs (du niveau 1 à 9) en ramassant les bonus en cours de route. Seulement, à partir d'un certain pallié de puissance, un coup reçu ou un choc vous fera perdre des bonus qu'il faudra rattraper en quelques secondes. Si vous avez le malheur de les perdre, on se retrouve inexorablement en situation de faiblesse sans rien pouvoir faire hormis mourir plusieurs fois à la chaîne et devoir tout recommencer, la larme à l'oeil (et avec une bonne dose de rage).
Il faut donc jouer du par cœur, méthode devenu classique et tout ça en comprenant qu'il ne s'agit que du mode « normal » (il n'y a pas de mode facile en passant). Le mode difficile devient encore plus infernal et les développeurs ont eu la bonne idée d'offrir deux autres palliés de difficulté, encore plus haut, mais cette fois dans un mode de jeu libre. Ici, les choses sont encore plus intéressantes car contrairement à la campagne qui nous fait passer d'un vaisseau à l'autre, on peut dans le mode libre choisir celui de notre choix, son tir secondaire mais également deux nouvelles capacités spéciales (comme celle de pouvoir remonter le temps de quelques secondes pour éviter la mort). Le challenge étant en mode cauchemardesque et notre premier rush nous ayant conduit au Game Over sans avoir passer le premier boss, on comprend assez vite que le tout restera inaccessible pour le commun des mortels, et d'autant plus jouissif pour les autres.
Et ces derniers auront de quoi briller du coté du peuple grâce aux succès, offerts de manière bien plus originale qu'à l'accoutumée. La plupart consiste à atteindre un certain rang, mais ces derniers demandent de réaliser non pas une action mais plusieurs : tirer sur x ennemis, terminer le jeu en difficile, ramasser x bonus, etc. Il faudra donc s'armer de motivation pour atteindre le rang le plus haut, qui demande d'accomplir une dizaine de challenge comme jouer au moins 24h au jeu (hors pause) et terminer la campagne sans perdre une seule vie. Bon courage soldat.
Conclusion : Microsoft a misé juste en choppant l'exclusivité de
Sine Mora pour le
Xbox Live Arcade . Le titre est une véritable réussite, particulièrement coté graphismes, et contentera sans mal une bonne partie des fans du genre. Les moins courageux pourront eux passer à coté, le mode normal offrant déjà un challenge relevé.
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